Mars infini

Amusant comme le temps nous joue des tours… Le mois de mars m’a semblé s’étirer à l’infini et pourtant la dernière semaine et demie m’a laissée le souffle court dans un sprint final particulièrement exigeant.

Je traverse une zone un peu étrange de ma vie, un moment à la fois douloureux physiquement et mentalement – car la première année de professeure stagiaire demande de l’endurance – et incroyablement épanouissant. Comme si j’arrivais à ce stade où j’aurai suffisamment travaillé sur moi pour être enfin capable de dire « c’est cet avenir que je choisis, c’est là que je veux aller ». J’ignore si la sensation sera durable, mais c’est un peu comme une épiphanie, le sentiment que pour la première fois de mon existence je suis à la place que je suis censée occuper dans le monde. Je ne voudrais être nulle part ailleurs et pourtant il faut préparer demain.

Ce mois-ci j’étais donc prise dans une espèce de dédoublement temporel qui me contraignait à m’immerger complètement dans un présent très intense et en même temps à préparer mon avenir et forcer la projection. Comment être à la fois dans le présent et dans l’avenir ? Pour aujourd’hui c’est pourtant du passé que nous allons parler puisque, nouvelle tradition oblige, je reviens avec vous sur les petits et les grands moments de joie qui ont ponctué mars !

✨ Les petits cadeaux offerts par ma sœur, juste comme ça, sans raison. Lui faire découvrir Dirk Gently et regarder toute la saison à deux, sans se soucier du lendemain.

✨ M’apercevoir que les pâquerettes sont déjà sorties sur le chemin de l’appartement, rentrer du travail et mettre les pieds sous la table car le repas m’a été préparé.

Admirer le lever du soleil, être félicitée par ma tutrice établissement : « je ne ferai même pas de listes points forts / points à améliorer car pour moi tu as tout bon ». Rentrer tôt et faire la sieste en pyjama.

✨ L’Amoureux et les chiens débarquent à l’appartement avec mon déjeuner préféré du samedi, une journée toute douce et rester sereine alors qu’une des semaines les plus importantes de ma jeune carrière professionnelle se profile.

✨ Grasse matinée, thé et gaufres de l’Amoureux pour un réveil heureux. Raclette de fin de saison sous les cris du vent.

✨ Passer une journée difficile, mais rentrer chez l’Amoureux pour une soirée cocooning.

✨ La peur incroyable et la joie terrible, fragments qui s’entrechoquent, se croisent et m’habitent.

Les collègues qui m’attendent en salle des profs au petit matin : « alors, alors ? ».

✨ L’élève qui dépose une poignée de carambars sur mon bureau d’un air très gêné : « tenez c’est pour vous… », le soleil qui réchauffe l’atmosphère, les petites blagues de l’AED, la prévenance du concierge, le soutien et la confiance des collègues en vue de la grosse journée de demain, les fleurs sur le bord de la route en rentrant.

✨ Enfiler mon joli t-shirt à manches longues, mettre mon parfum préféré, marcher à petits pas tranquilles en direction du collège, recevoir les mots d’encouragements de mes collègues et réussir haut la main ce qui devrait être l’inspection la plus importante de mon année. Envoyer des textos à ma famille, me rouler dans ma joie et réaliser : je ne suis plus en quête du bonheur, j’ai trouvé la paix.

Savourer ma solitude d’une journée, ranger l’appartement, écrire, déballer mon cadeau de moi à moi : le pins radis de Florence, la talentueuse créatrice derrière l’Atelier Mouette.

✨ Travailler en douceur et retrouver les câlins un brin possessifs de mon Félichien.

✨ Dîner en amoureux, lecture au lit, m’endormir à la vitesse de la lumière.

✨ Prendre confiance en moi en pratiques théâtrales, savourer ce moment où j’entends enfin ma voix s’élever puissamment et se répercuter en écho dans la salle. Sentir que je commence à trouver ma place.

✨ Les félicitations des collègues. L’enthousiasme des élèves pour le travail de Pénélope Bagieu, les petites mains qui tournent les livres dans tous les sens : « madame, quand vous aurez fini la séquence vous les prêterez comme vous faites d’habitude ? ».

Le petit escargot qui traverse doucement le chemin, troquer le manteau épais pour la veste mi-saison, l’ambiance de la salle des profs.

Le sourire de cet élève quand je lui donne mes crayons de couleur, la tendresse amère quand il range toutes les chaises de la salle pour me faire plaisir.

✨ Accueillir la mauvaise humeur comme elle vient, accepter que cette émotion fait aussi partie de moi et apprécier malgré tout l’arrivée de l’Amoureux qui prend soin de moi.

✨ Mourir de chaud sur le canapé, enfouie sous mes deux amours canins.

✨ Le reste de tartiflette à réchauffer pour le déjeuner !

Retrouver l’Amoureux qui a profité de son après-midi pour me prendre plein de petits cadeaux trop mignons.

✨ Les élèves commencent à me rendre leurs travaux sur « faire la biographie d’une mathématicienne à la façon de Pénélope Bagieu » et je trouve que le résultat est formidable. Je suis super fière de mes élèves !

Le bain préparé par l’Amoureux fait le plus grand bien à mes courbatures.

✨ Les élèves en partant : « reposez-vous bien ce week-end madame ». Rentrer à la maison me cacher sous la couette, déjeuner de nouilles asiatiques instantanées et me souvenir avec tendresse de mes repas il n’y a pas si longtemps quand, étudiante précaire, je vivais avec 650€ par mois.

✨ M’enrouler sous le plaid sur le canapé, regarder la neige tomber par la fenêtre, finir Celle qui a tous les dons et bénir ma liseuse que j’aime toujours autant et qui sera probablement encore plus importante dans quelques mois.

✨ Réussir à tenir mes deadlines et cuisiner un vrai repas.

✨ Décider de faire des petits compliments à mes camarades de promo pour pailleter cette morne journée de fin de trimestre et savourer la remarque de la formatrice sur mes bonnes idées !

✨ Le monsieur de la SNCF qui dit toujours bonjour avec le sourire quand on descend du train, déjeuner avec ma chère Lucie que je n’ai pas vu depuis au moins un siècle, trouver le livre idéal à présenter à mes élèves : Le Passeur de Lois Lowry.

✨ Les nouilles asiatiques le retour : elles me sauvent la vie car je suis si fatiguée en rentrant du travail que je ressens une gratitude très intense à l’idée de pouvoir me nourrir sans avoir à cuisiner quoi que ce soit.

✨ La validation de mon dossier par le chef d’établissement sans la moindre réserve, la lecture du rapport ultime qui sera envoyée par ma tutrice établissement, la solidarité des collègues qui me soutiennent toujours et m’aident à chaque fois qu’une difficulté se présente.

✨ La bonne ambiance qui règne à l’auberge espagnole, le coup de fil pour échanger les potins avec Loïc, la joie de passer une soirée en mode oursonne où on dirait que je suis une petite ourse cachée dans sa grotte de couette et dont le miel serait mon dernier Agatha Christie.

✨✨✨

Mars intense durant lequel le temps s’étire infiniment et dont les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Mars étapes franchies, qui font grandir et sourire. Mars six mois qui donnent de la perspective à tout ça.

Et pour vous, mars, c’était comment ?

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