Vice Versa et sans dessus-dessous

On a beaucoup parlé ces derniers temps de Vice Versa (Inside Out en vo), le film d’animation Pixar qui fait fondre tout le monde. Certains saluent l’originalité du parti pris, d’autres portent l’emphase sur la beauté des animations et la richesse des idées et je pense sincèrement qu’il y aurait des analyses intéressantes à faire également d’un point de vue féministe.

A ce stade, je crois qu’il n’y a rien que je pourrais dire qui n’a déjà été écrit. C’est pourquoi je choisis d’évoquer très personnellement ma relation à ce film qui m’a beaucoup touchée. Attention #critiquenombriliste à venir !

Source : http://www.laprovence.com

Nous vivons dans une société où l’idée de bonheur prend beaucoup de place et où la joie est très valorisée. Un environnement qui nous encourage à oser, à sortir perpétuellement de notre zone de confort. J’adore l’idée de repousser mes limites pour voir ce dont je suis capable et prendre confiance en moi. Cependant, j’ai créé peu à peu une hiérarchie mentale, et certaines émotions ont perdu en légitimité dans ma petite caboche. La peur et la tristesse sont les moins bien loties, ce sont des émotions auxquelles je laisse peu de place et qui en plus me font honte.

Vice Versa vient remettre de l’ordre dans tout ça, le film humanise nos émotions et en débarrasse certaines de leur négativité apparente tout en tempérant l’obligation à la joie. Le cheminement intérieur de Joie et Tristesse (j’ai d’ailleurs trouvé cette dernière particulièrement attachante) m’a faite pas mal cogiter. Le dessin-animé permet de comprendre que l’équilibre intérieur est atteignable si nous respectons nos émotions dans leurs magnifiques diversités et avec toutes leurs intensités. C’est toute cette palette qui fait notre richesse, et s’amputer d’une émotion c’est la débâcle assurée vers les limbes de l’oubli et du terrifiant subconscient où se terrent les peurs enfouies.

L’autre point névralgique du film c’est bien sûr la mémoire. Le souvenir nous forge, nous autorise à construire notre identité et notre personnalité sur une base moins solide qu’elle n’en a l’air. La préservation de la part d’enfance est questionnée avec pertinence, même si j’ai trouvé très triste l’idée de sacrifier une partie de soi pour parvenir à avancer (#sortezlesmouchoirs). J’ai également apprécié la réflexion autour de l’angle de perception qui met en valeur l’importance du regard que l’on porte sur un souvenir pour le valoriser, plutôt que la teneur du souvenir pour lui-même.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré Vice-Versa qui non seulement m’a faite rire et pleurer, mais qui a également amorcé une réflexion plus personnelle sur la place de mes émotions dans ma vie.

Joie, Tristesse, Dégoût, Colère et Peur, j’espère vous retrouver pour de nouvelles aventures !

Lire aussi :

☛ Laurelas – Whatever Works

☛ Boudicca – Le Bibliocosme

☛ Neil – Le blog (sans intérêt) de Neil

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3 commentaires sur « Vice Versa et sans dessus-dessous »

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