Le Dragon et Le Georges – Gordon R. Dickson

Mon histoire avec Le dragon et le georges remonte à loin. Enfant j’allais chez un ami de mes parents emprunter des livres. Lecteur insatiable, il disposait d’une pièce entièrement dédiée à l’affaire et renouvelait sans cesse ses stocks. Un vrai rêve !

L’un des premiers livres de S-F/Fantasy qu’il m’a prêté c’était celui-là et je l’avais adoré. Il y a quelques mois j’ai entrepris de le chercher sur internet avant de le croiser il y a peu dans une boutique de Bécherel, village du livre à Rennes.

Je l’ai donc acheté en posant mille questions. Ne nous apprend-t-on pas à nous méfier des livres lus il y a de nombreuses années ? Et si je détestais ? Tant de suspense dans ces deux questions moi ça me tue ! Surtout que forcément, l’ayant lu en bonne partie dans le train, je n’ai pas pu échapper à mon terrible destin : les enfants hurlant à s’en décrocher les poumons dans le wagon.

Source : LivrAddict
Source : LivrAddict

Les Dragons ont une certaine logique et pour avoir vu saint Georges les combattre, ils ont donné son nom à tout être humain… Même la charmante Angie représente pour eux ce genre honni. Curieuse aventure, en vérité. N’a-t-elle pas été transportée au Moyen Age, victime d’une expérience malheureuse ? Séquestrée dans une caverne par les monstres antédiluviens, elle n’espère plus qu’en Jim, son « chevalier errant »…

Ironie du sort. Alors qu’il tente de la rejoindre, celui-ci est changé en… dragon ! Et le voilà sur les grands chemins, tel don Quichotte, flanqué d’un authentique chevalier en armure et d’un loup doué de parole… Mais les Noires Puissances veillent et rien ne leur sera épargné. Ni les Sandmirks dont le cri rend fou, ni les Harpies à la morsure venimeuse, ni l’ogre grimaçant…

Editions J’ai lu, 319 pages, trouvable à partir de 1.99€ sur le net/acheté 3.50€ en bouquinerie

Le roman

Prenez place, mes amis, et réjouissons-nous, car la vie nous apporte assez de peines pour que nous ne manquions pas de faire honneur à de tels plaisirs, quand ils sont mérités.

Le dragon et le georges est le premier tome d’une courte série, mais fonctionne parfaitement de façon autonome. Alors, on ne va pas se mentir, ce roman d’heroïc-fantasy hyper classique accuse son âge et fleure bon l’enfance.

L’intrigue est de facture tout à fait traditionnelle, reprenant bien les codes habituels de la quête. Les personnages, réduits à quelques traits distinctifs sont de bons archétypes qui ne dépareraient pas certains jeux vidéo. On retrouve un vieux sorcier toujours de mauvaise humeur, un chevalier sans peur et sans reproche qui fait office de tank, des archers, des compagnons loyaux, des jolies femmes et un héros qui porte haut les couleurs du Bien contre Les Noires Puissances…

L’histoire est assez simpliste, les péripéties s’enchaînent sans grande surprise et le tout est très manichéen. C’est assez dommage d’ailleurs, car à titre personnel j’aurai bien aimé que le système de magie soit davantage mis en avant et j’aurai également apprécié que les situations soient plus creusées en général. Dans la même veine quelques péripéties supplémentaires ne m’auraient pas fâchée. Malgré leur aspect hautement caricatural, les personnages sont attachants et étrangement vivants, tour à tour drôles, pathétiques ou courageux.

Mais au final, comment ne pas se passionner pour les mésaventures d’un professeur d’université en quête de sa bien-aimée enlevée par des puissances diaboliques mais coincé dans le corps d’un dragon connu pour son intelligence limitée et sa couardise absolue ? Il faut le reconnaître, malgré tout son simplisme, l’ensemble fonctionne plutôt bien. Le ton est léger, le style permet de se glisser assez rapidement dans la narration et, plus important peut-être, l’humour affleure à chaque situation et notamment au grès des multiples dialogues qui ponctuent les aventures moyenâgeuses de nos personnages. Ce livre plutôt pour enfant nous réserve même une surprise de taille : en dépit de la règle fin heureuse nos compagnons ne s’en sortiront pas forcément indemnes

En bref

Un roman « super sympa » que j’ai lu avec beaucoup de nostalgie. Il peut constituer à mon sens une agréable introduction à l’heroïc-fantasy et n’a rien perdu de son charme naïf avec les années.

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