Le droit des femmes, mais quel droit des femmes ?

Etre caissière à McDo c’est être chaque jour confrontée à certains comportements sociaux qui peuvent laisser songeuse et à plusieurs reprises je me suis fait la remarque que les mécanismes qui régissent les rapports homme/femme sont parfois étonnants.

Égalité, complémentarité, parité, c’est qu’on finirait par s’y perdre

Je pense par exemple à certaines des familles qui viennent commander, le fiston et son papa vont énoncer d’une voix assurée le contenu de leur repas et se tourner prestement vers la maman et la fille qui vont leur confier ce qu’elles veulent. En général à ce moment-là l’homme de la situation me répète point par point la commande de son épouse/compagne/enfant d’un air pénétré alors même que j’entends parfaitement tout ce qui est dit. Mais la femme ne m’adressera jamais directement la parole même si je la regarde, c’est ainsi.  Cela dit je comprends bien que chacun voit midi à sa porte et dans la mesure où le système semble bien rôdé et contenter toutes les parties en présence … Pour être honnête je pense même que ces gens n’ont tout simplement pas conscience de leur mode de fonctionnement.

En revanche, j’ai assisté la dernière fois à une scène que j’hésiterai à caractériser de comique tant la conversation m’a semblé pathétique. Une femme et un homme viennent commander à ma caisse. Chacun passe sa commande mais au moment de payer intervient la petite chamaillerie d’usage : à qui dégainera la carte bancaire en premier ? La femme est la plus rapide et me tend la carte bancaire avec assurance d’un air triomphant. Mais au moment de la récupérer, monsieur me l’enlève des mains et la jette sur le comptoir avec un mouvement de colère, toute trace de jovialité disparue.

L’objet du délit : non mais depuis quand laisse-t-on les femmes payer avec leur propre argent ?

« Non, les femmes ne payent pas le repas. C’est aux hommes de le faire. »

La sentence est là, posée avec conviction. Ambiance… La dame ne répond pas, visiblement sans voix devant la goujaterie de son collègue/compagnon (?). Et là, monsieur de me prendre à témoin : « N’est-ce pas mademoiselle ? »

Autant être honnête: il n’avait pas choisi la bonne personne à qui poser la question. Je lui ai donc simplement répondu que de nos jours ce qui était bien c’est que les femmes travaillaient et qu’elles avaient donc le droit d’avoir leur propre carte bancaire pour dépenser leur propre argent, pas comme ma grand-mère qui n’avait pas l’autorisation de signer un chèque lorsqu’elle avait mon âge.

Embarrassé il a laissé la femme payer mais je dois bien avouer que je n’ai pas pu résister à l’idée d’en remettre une petite couche. Au moment de tendre le ticket de caisse j’ai ajouté : « et puis monsieur, rendez-vous compte… Aujourd’hui nous avons même le droit de vote, si ça ce n’est pas une honte ! ».

Il a ri jaune, elle m’a fait un clin d’œil.Enregistrer

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